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Un café avec Liza Le Tonquer au sujet de son film "Demain au boulot"
Une interview de Maxime Moriceau de Ty Films


À Douarnenez, sur la pointe finistérienne, alors que la ville vient de célébrer le centenaire de la grève des sardinières de 1924, les dernières conserveries ont quitté le port pour la zone industrielle.

À l'usine Chancerelle, le malgache, le baoulé et le lingala se mêlent aux bâillements et aux accents douarnenistes. « Demain au boulot » chemine avec les sardinières d'aujourd'hui dans le monde ouvrier contemporain et dresse le portrait d'une communauté de femmes au travail.

Une plongée saisissante dans le quotidien de l’usine.
Picture

Il est 8h30 ce vendredi matin à Dinan. Devant le salle Schumann, 167 élèves du lycée La Fontaine des eaux sont rassemblés pour assister à la projection du film Demain au boulot. Alors que le chant des sardinières de Douarnenez résonne dans la salle, nous nous éclipsons avec la réalisatrice pour qu’elle nous raconte son expérience de tournage en usine.

Maxime Moriceau : Quel a été la première chose qui t’a sauté aux yeux en commençant à filmer dans l’usine des sardinières ?

Liza Le Tonquer : Je pense que c’est vraiment le nombre de femmes qui y travaille et comment l’être humain s’adapte aux codes de l’usine qui sont assez fascinants et un peu terrifiants aussi. D’un seul coup, c’est 200 femmes qui entrent en même temps à une heure précise : 4h51. La porte s’ouvre et tout le monde suit un cheminement précis du pointage jusqu’à son poste de travail. On pose son tablier sur la chaise pour la réserver, pour être à côté de telle ou telle copine. Puis on va au point d’information et on revient à son poste de travail où l’on reste statique pendant 3 heures, jusqu’à la pause. Et je pense que c’est vraiment la capacité d’adaptation de ce collectif de 200 personnes à ces codes-là qui est assez terrifiant à constater. Mais dès que c’est la pause, les mouvements changent, d’un coup les femmes vont dans tous les sens, elles rigolent, il n’y a plus d’ordre. Et à la fin de la pause, l’ordre revient et tout le monde se remet au travail.

M.M : Est-ce que ces mouvements ont influencé ta façon de filmer leur travail ?

L.L.T : Au départ on s’est trompé car quand l’usine nous a autorisé à filmer les chefs d’équipe, on les suivait caméra à l’épaule. Et au bout d’un moment on s’est rendu compte que c’était pas du tout ça le mouvement de l’usine. Le mouvement de l’usine c’est statique, les femmes elles bougent pas, elles sont là pendant 3 heures, elles vont en pause, elles reviennent et ainsi de suite. On allait vraiment à contre sens donc après on a changé. On filmait les femmes en plan fixe, en restant avec elles, en leur mettant des HF et en discutant sur la ligne. J’aimais beaucoup ces séquences-là où elles discutaient entre elles même s’il en reste peu dans le film car c’était très bruyant. Il fallait s’adapter au mouvement de l’usine pour choisir comment filmer et qui filmer. Je pense que c’est la première fois que tu entres dans l’usine, que tu te rends compte du bruit que c’est. Tu ne peux parler à la personne à côté de toi qu’en lui criant dans l’oreille.

M.M : Parmi les conditions de tournage, hormis le bruit, quelles étaient les difficultés ?

L.L.T : Il peut faire froid quand tu es près de la sardine crue mais sinon dans le reste de l’usine il fait chaud. En été il fait même très chaud, elles ont plutôt besoin de ventilateurs. Certaines font même des malaises dans les moments de canicule. Et cette chaleur est accentuée avec la cuisson vapeur d’où se dégage une grande fumée. Et puis il y a l’odeur, l’odeur du poisson. Ce n’est pas une odeur qui prend d’un coup mais elle est tout le temps présente. On s’adapte assez vite, on l’oublie mais quand on rentre chez soi, on se rend compte que nos vêtements sont imprégnés. C’est pas comme une odeur forte qu’on sent d’un coup et qui est insupportable. C’est des univers assez hygiénistes donc ça ne sent plus comme avant dans les usines de poissons ou c’était très fort. Là c’est une odeur qui imprègne tout. 
Et après c’est au niveau des couleurs. C’est des couleurs très métal, très blanche, très froides. On tournait beaucoup de nuit donc il n’y avait pas de lumière du jour qui pénétrait, seulement des plafonnier qui éclairaient des surfaces métalliques. Les femmes sont en blouse blanche, avec des charlottes bleues donc c’est vraiment pas chaleureux et en même temps, c’est des lieux fascinants et esthétiques parce qu’ il y a une espèce de mécanique qui fonctionne et qui peut hypnotiser assez rapidement.

Certaines femmes me racontaient des moment de pannes ou quand il y a un départ en retraite, on arrête la ligne pour fêter le départ d’une personne. Ce truc de la panne je l’attendais vraiment et on l’a eu quelques fois où d’un coup ça s’arrête et ça se remet à parler. Le bruit de l’usine est toujours présent mais les femmes se rapprochent, elles parlent au dessus de la ligne et puis après ça reprend et c’est reparti. C’est arrivé notamment parce qu’il y avait une nouvelle ligne mécanisée. il y avait beaucoup de pannes donc beaucoup de moments ou ça s’arrêtait. Et ça je pense que ça été un des germes de la grève. Quand on fait des gestes répétitifs comme ça et que le travail s’arrête, dès que ça reprend c’est horrible parce que t’as plus le rythme donc c’est hyper dur de s’y remettre. Mais du coup ça crée des moments d’échanges avec les voisines.

La réalisatrice terminera sa tournée dans le Finistère. Quimper le 28 novembre, Loperhet et Brasparts le samedi 29 et enfin Plouhinec le dimanche 30.

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